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Après avoir perdu 17,5 % en 2022 et inscrit leur plus mauvaise performance historique, les bons du Trésor américain ont cédé 1,3 % en 2023, tandis que la flambée de lâinflation a incité la Réserve fédérale américaine (Fed) à entreprendre l'une de ses hausses de taux les plus rapides des dernières décennies. Depuis, la courbe des rendements sâest ajustée à cette nouvelle réalité et si lâon compare le rapport risque/rendement des obligations par rapport à celui des actions, il penche en faveur des obligations. Alors que des risques de récession se dessinent à lâhorizon et que les perspectives dâinflation se sont stabilisées, les obligations semblent en passe de retrouver leur statut de « valeurs refuges ».
Plus élevés pour plus longtemps
Trouver un équilibre entre un resserrement excessif et une politique monétaire insuffisamment restrictive est un défi majeur pour la Fed. Après avoir atteint un pic de 9,1 % en juin 2022, lâindice des prix à la consommation (IPC) américain a enregistré un chiffre en glissement annuel (GA) sensiblement plus faible au cours des 12 mois consécutifs qui ont suivi, terminant à 3 %.
Toutefois, le risque dâinflation demeure. Soutenu par la forte demande des consommateurs, les prix élevés du pétrole et la faiblesse persistante du taux de chômage, lâIPC est remonté à presque 4 %, bien au-dessus de lâobjectif de 2 % de la Fed, confortant ainsi la décision de la banque centrale de maintenir des taux dâintérêt durablement élevés lors de sa dernière réunion de politique monétaire.
Un coup dâÅil aux rendements réels américains à 10 ans (2,4 % à lâheure où nous rédigeons ces lignes) indique que nous nous trouvons dans un environnement monétaire suffisamment restrictif. Il est donc peu probable que la Fed continue à augmenter les taux. Alors que la probabilité dâun relèvement des taux sâamenuise, les obligations devraient commencer à enregistrer de bonnes performances de court à moyen terme.
Le fait que lâinflation se révèle difficile à maîtriser signifie que nous devrons nous habituer à une nouvelle « normalité » de taux dâintérêt élevés, du moins dans lâenvironnement macroéconomique actuel.

